En août 1973, quelque chose de discrètement remarquable s’est produit à travers le Canada. Pour la toute première fois, des communautés LGBT dans des villes comme Vancouver, Toronto et Montréal ont organisé une semaine coordonnée d’activités ; qui allait devenir la première Semaine de la Fierté canadienne.
Cela ne ressemblait pas aux grandes parades colorées que nous connaissons aujourd’hui. Pas de chars, pas de commanditaires corporatifs, et très peu de couverture médiatique. Mais pour celles et ceux qui y ont participé, ce fut un tournant majeur.
À l’époque, il était encore risqué d’afficher ouvertement son orientation sexuelle ou son identité de genre. L’homosexualité n’avait été décriminalisée au Canada que quatre ans plus tôt, et la discrimination était encore largement répandue. Mais l’énergie de la révolte de Stonewall à New York en 1969 avait atteint les villes canadiennes. Des militant(e)s, des membres des communautés et des allié(e)s ont commencé à se rassembler, déterminés à être vus et entendus.
La Semaine de la Fierté 1973 s’est déroulée à travers le pays. À Toronto, des centaines de personnes se sont réunies pour un pique-nique sur les îles de Toronto ; un moment rare de connexion ouverte pour les personnes LGBT. À Vancouver et Montréal, des rassemblements et discussions ont été organisés, créant des espaces pour aborder les droits humains, les barrières sociales et la nécessité de protections juridiques.
Cette semaine ne visait pas seulement à célébrer. Il s’agissait d’occuper l’espace public et de rappeler que les personnes LGBT faisaient partie intégrante de la société canadienne ; que le public y soit prêt ou non.
Avec du recul, la Semaine de la Fierté 1973 peut sembler modeste selon les standards actuels, mais son impact est indéniable. Ce fut la première fois que des Canadien(ne)s de différentes villes se sont rassemblés pour réclamer le changement de manière visible et publique.
Depuis, les événements de la Fierté ont pris de l’ampleur partout au Canada, en taille comme en visibilité. Mais les racines de ces célébrations remontent à ces premiers jours, où prendre la parole impliquait de véritables risques.
À la Société historique de la Fierté canadienne, nous croyons qu’il est essentiel de préserver ces histoires ; non seulement pour souligner les progrès réalisés, mais aussi pour reconnaître le travail qu’il reste à accomplir afin que chacun puisse vivre ouvertement et en sécurité, peu importe son identité ou qui il aime.
Pour en savoir plus sur les origines de la Fierté au Canada et les personnes qui ont ouvert la voie, visitez notre site : https://cphs.ca/.




