Catégorie : Projet d’éducation

Une personne tenant le drapeau non binaire à l’extérieur, encadrée par un ciel nuageux et une rampe rouge, vêtue d’une veste à motif léopard.
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Semaine de sensibilisation à la non-binarité : faire de la place pour que les personnes soient reconnues 

Chaque mois de juillet, la Semaine de sensibilisation à la non-binarité invite les gens à dépasser l’idée selon laquelle le genre se limite à deux catégories fixes. 

Pour certaines personnes, cette idée est familière. Pour d’autres, elle peut encore sembler nouvelle. Pourtant, les personnes non binaires ne sont pas nouvelles. Ce qui change, c’est le langage dont plusieurs personnes disposent maintenant pour se définir, ainsi que l’espace public dans lequel elles doivent être reconnues avec plus d’attention. 

Le terme non binaire est utilisé par certaines personnes dont le genre n’est pas exclusivement masculin ou féminin. Certaines personnes non binaires s’identifient aussi comme transgenres. D’autres non. Certaines utilisent les pronoms iel ou ille, tandis que d’autres utilisent elle, il, une combinaison de pronoms ou d’autres mots. Il n’existe pas une seule façon d’être non binaire, c’est pourquoi l’écoute est plus importante que les suppositions. 

Le poids des suppositions du quotidien 

Cette semaine est souvent présentée comme une occasion d’apprendre des définitions. C’est utile, mais ce n’est qu’un point de départ. La sensibilisation nous invite aussi à remarquer à quel point la vie quotidienne est souvent organisée autour d’une binarité stricte, que ce soit dans les formulaires, les toilettes, les vêtements, les salutations ou les suppositions liées aux noms et à l’apparence. 

Ces détails peuvent sembler mineurs pour les personnes qui les traversent facilement. Mais pour une personne qui se fait régulièrement mégenrer ou qui est forcée de choisir une catégorie qui ne lui correspond pas, ils peuvent s’accumuler. Le respect n’est pas une idée abstraite. Il se manifeste dans les gestes ordinaires, comme utiliser le nom qu’une personne vous donne, partager ses pronoms sans pression, se corriger sans en faire toute une histoire et laisser aux personnes l’espace nécessaire pour se décrire avec leurs propres mots. 

La diversité de genre a une histoire 

L’histoire compte aussi. À travers les cultures et les époques, de nombreuses communautés ont compris le genre de façons plus larges que les seules catégories homme et femme. Au Canada, il est particulièrement important de parler avec soin des identités bispirituelles. La bispiritualité est une identité culturelle et spirituelle distincte utilisée par certaines personnes autochtones. Elle ne doit pas être traitée comme un autre mot pour désigner la non-binarité, mais sa présence nous rappelle que les idées occidentales sur le genre n’ont jamais été les seules. 

La Semaine de sensibilisation à la non-binarité, observée cette année du 13 au 19 juillet, comprend la Journée internationale des personnes non binaires le 14 juillet. Ce moment offre une invitation simple : prendre une pause, apprendre et réfléchir à ce que signifie l’appartenance lorsque les personnes ne sont pas obligées de se réduire pour correspondre à un formulaire, à une étiquette ou à une attente. 

Le respect dans la vie quotidienne 

Pour les organismes, les écoles, les milieux de travail et les groupes communautaires, le soutien peut commencer par des choix pratiques. Réviser les formulaires. Utiliser un langage neutre lorsque le genre n’est pas pertinent. Éviter de présumer les pronoms d’une personne à partir de son apparence. Fournir de l’information claire sur les toilettes. Inclure les personnes non binaires dans l’élaboration des politiques ou des programmes qui les concernent. 

Pour les individus, le travail peut être encore plus direct. Poser des questions avec respect lorsque c’est nécessaire. Accepter la réponse. Continuer d’apprendre. Intervenir lorsqu’une personne est traitée injustement. 

Dans sa meilleure forme, la sensibilisation ne consiste pas à toujours dire la chose parfaite. Elle consiste à développer des habitudes de respect qui rendent la vie quotidienne plus sécuritaire et plus honnête pour un plus grand nombre de personnes. Les personnes non binaires ont toujours fait partie de nos communautés. Cette semaine est un rappel de reconnaître cette vérité avec attention, curiosité et action. 

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Chaque année, le 27 janvier, la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste invite à réfléchir aux millions de personnes assassinées sous la persécution nazie. Si l’Holocauste est souvent abordé de façon générale, le devoir de mémoire exige aussi de porter attention aux groupes dont les histoires ont été ignorées ou effacées pendant des décennies. L’une de ces histoires est symbolisée par le triangle rose.

Pendant l’Holocauste, les personnes emprisonnées dans les camps de concentration nazis étaient forcées de porter des insignes de couleur indiquant le motif de leur détention. Les prisonniers juifs étaient marqués de l’étoile jaune. Les prisonniers politiques portaient un triangle rouge. Les hommes emprisonnés en raison de leur homosexualité étaient contraints de porter un triangle rose.

En vertu du paragraphe 175 du Code criminel allemand, l’homosexualité était criminalisée. Les hommes gais étaient surveillés par la police, arrêtés, puis envoyés en prison ou dans des camps de concentration. Les historien·ne·s estiment que des dizaines de milliers d’entre eux ont été emprisonnés. Plusieurs sont morts à la suite du travail forcé, de la violence, d’abus médicaux et de la famine.

À l’intérieur des camps, les hommes identifiés par le triangle rose étaient souvent traités avec une cruauté particulière. Ils étaient isolés des autres prisonniers et soumis à des abus de la part des gardes et d’autres détenus. Les taux de survie de ces prisonniers figuraient parmi les plus faibles de l’ensemble du système concentrationnaire.

Après la guerre

L’injustice ne s’est pas arrêtée avec la libération. Après la guerre, l’homosexualité est demeurée illégale en Allemagne et dans d’autres régions d’Europe. De nombreux survivants n’ont pas été reconnus comme victimes de la persécution nazie. Certains ont été renvoyés en prison pour purger le reste de leur peine. D’autres se sont vu refuser toute indemnisation et ont été exclus des commémorations officielles. Pendant des décennies, leurs expériences ont été largement absentes de l’enseignement et des mémoriaux consacrés à l’Holocauste.

Cette absence est lourde de sens. La mémoire de l’Holocauste est façonnée non seulement par ce dont on se souvient, mais aussi par ce que l’on omet. La reconnaissance tardive des victimes du triangle rose démontre comment les préjugés ont persisté bien après la chute du régime nazi. Elle met également en lumière la manière dont la mémoire peut refléter les valeurs des sociétés qui la préservent.

Se réapproprier le symbole

À la fin du XX siècle, des militant·e·s 2SLGBTQIA+ ont réapproprié le triangle rose comme symbole de résistance et de commémoration. Durant la crise du sida, il est devenu un signe de protestation et de solidarité. Avec le temps, il s’est transformé en symbole de résilience et de survie. Aujourd’hui, on le retrouve dans des musées, des mémoriaux et des projets d’histoire queer partout dans le monde.

Pour les organisations à vocation historique, cette histoire revêt une importance particulière. Elle relie la mémoire de l’Holocauste à des luttes plus larges pour la reconnaissance, la sécurité et la dignité. Elle rappelle également que l’histoire des personnes 2SLGBTQIA+ comprend la persécution et la perte, au même titre que les avancées et les célébrations.

 

Ce contexte est essentiel lorsque nous parlons de commémoration aujourd’hui. Se souvenir du triangle rose, c’est reconnaître des victimes marginalisées à la fois pendant l’Holocauste et longtemps après sa fin. Leurs histoires ont été exclues de la mémoire collective pendant des décennies, non pas par accident, mais par choix. En cette Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste, prendre le temps de se souvenir de ces vies contribue à rendre le récit historique plus complet et plus honnête.

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Alors que 2025 tire à sa fin, la Société historique de la fierté canadienne (CPHS) prend le temps de revenir sur une année marquée par de nouvelles connexions, une éducation concrète et une croissance soutenue. À travers ses événements et partenariats, la CPHS a poursuivi son travail de préservation et de diffusion de l’histoire de la Fierté au Canada d’une manière accessible, locale et ancrée dans les communautés. 

L’année a débuté en février avec une soirée de trivia pour le Mois de l’histoire des Noirs. Pensée à la fois comme un espace d’apprentissage et de rassemblement communautaire, cette activité a mis en lumière l’importance des histoires intersectionnelles et des nombreuses voix qui façonnent la Fierté au Canada. 

CPHS team at the Pride Winnipeg parade.

Pendant la saison de la Fierté, la CPHS a renforcé sa présence dans les Prairies. À Winnipeg, la CPHS a défilé lors du défilé de la Fierté de Winnipeg et tenu son tout premier kiosque de festival, échangeant avec des visiteurs et visiteuses désireux d’en apprendre davantage sur l’histoire de la Fierté et sur le travail de l’organisme. À Saskatoon, la CPHS a participé au défilé et au festival de la Fierté de Saskatoon, poursuivant ces conversations et tissant de nouveaux liens avec les membres de la communauté et les personnes organisatrices. 

Pins at CPHS' booth at the Montreal Pride Parade.

Le mois d’août a été marqué par une série de moments alliant célébration et histoire publique. À Montréal, la CPHS a tenu son premier kiosque lors de la Journée communautaire et a pris part au défilé de la Fierté de Montréal. À Calgary, la CPHS a organisé une heure du conte drag le 28 août en partenariat avec Owl’s Nest Books, puis a défilé lors du défilé de la Fierté de Calgary le 31 août. Ces événements illustrent ce que la CPHS cherche à accomplir à son meilleur : inviter le public, susciter la curiosité et faire de l’histoire une expérience partagée. 

CPHS team at their booth at the Winnipeg pride parade.

À l’automne, la CPHS a approfondi son travail en éducation et en mobilisation. Un article de la CPHS a été publié dans le numéro d’automne de la revue MB Speaks de la Manitoba Social Science Teachers’ Association, portant sur la façon dont l’histoire de la Fierté peut soutenir l’éducation à la citoyenneté dans les salles de classe canadiennes. La CPHS a également présenté lors de la journée de perfectionnement professionnel de la MSSTA. En novembre, la CPHS a présenté à la Rencontre nationale sur l’éducation autochtone d’Indspire, tenue à Winnipeg du 19 au 21 novembre, en animant une séance portant sur l’histoire de la Fierté dans les communautés autochtones. 

Le mois de novembre a aussi marqué une étape déterminante pour l’avenir de l’organisme. La CPHS a officiellement obtenu le statut d’organisme de bienfaisance de l’Agence du revenu du Canada (ARC), une avancée majeure qui ouvrira de nouvelles possibilités en matière de financement, de partenariats et d’impact. 

Cette réalisation est le fruit de plusieurs années d’efforts collectifs. La CPHS tient à exprimer sa sincère reconnaissance à toutes les personnes qui ont contribué par leur temps, leur engagement et leur persévérance tout au long de ce processus. 

Portée par l’élan de 2025 et désormais dotée du statut d’organisme de bienfaisance, la CPHS se tourne vers 2026 avec l’objectif de rejoindre davantage de communautés, de soutenir plus d’éducateurs et éducatrices, et de continuer à préserver et à partager l’histoire de la Fierté partout au Canada. 

Trans Awareness Month image. The trans flag is seen behind two people lying beside each other.
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Le langage a toujours influencé la façon dont les Canadiennes et les Canadiens perçoivent le genre. Pour les personnes transgenres et de diverses identités de genre, trouver les bons mots a été un acte constant de visibilité et de survie. 

Avant que le terme « transgenre » ne fasse partie du langage courant, les médias et les documents juridiques canadiens utilisaient souvent des termes médicaux ou sensationnalistes. Dans les années 1960 et 1970, « transsexuel » et « changement de sexe » étaient les expressions les plus fréquentes. Ces mots avaient une connotation clinique et mettaient l’accent sur la transition physique plutôt que sur l’identité. Ils ont toutefois marqué le début d’une prise de conscience nationale. Une couverture médiatique précoce, comme les histoires de Christine Jorgensen et plus tard de figures canadiennes telles que Susan Gapka, a mis en lumière la diversité de genre, mais souvent à travers une perspective limitée. 

De « transsexuel » à « transgenre » 
À la fin des années 1980, des militant·e·s et des groupes communautaires ont commencé à promouvoir le terme « transgenre » comme une expression plus inclusive. Il reflétait une compréhension plus large selon laquelle toutes les personnes de diverses identités de genre ne cherchent pas à subir une chirurgie ou une transition médicale. Ce changement visait l’autodéfinition et l’autonomie linguistique. 

Au Canada, des organisations telles qu’Egale Canada et la Clinique d’identité de genre du Centre de toxicomanie et de santé mentale de Toronto ont contribué à l’introduction et à la normalisation du terme. Cela coïncidait avec un mouvement international visant à reconnaître la diversité de genre comme une question sociale et de droits de la personne plutôt que strictement médicale. 

Médias, politiques publiques et pouvoir des mots 
Les journalistes canadiens ont d’abord eu de la difficulté à s’adapter. Les reportages s’appuyaient souvent sur une terminologie dépassée ou mégenraient les personnes concernées. Dans les années 1990 et 2000, des défenseur·e·s des droits trans ont commencé à collaborer avec des rédacteurs et des éducateurs pour encourager l’usage d’un langage inclusif. Le Guide de rédaction de La Presse canadienne, le guide linguistique interne de Radio-Canada/CBC et les ressources médiatiques LGBTQ2+ ont graduellement adopté « transgenre » comme norme. 

Les réformes politiques ont également façonné la manière dont les Canadiennes et les Canadiens parlaient du genre. À partir de 2012, des provinces comme l’Ontario et le Manitoba ont ajouté « identité de genre » et « expression de genre » aux codes des droits de la personne. Lorsque le gouvernement fédéral a suivi en 2017 avec le projet de loi C-16, les définitions légales ont renforcé une terminologie cohérente à travers les institutions. 

Crédit image : Chambre de commerce des femmes canadiennes (https://canwcc.ca/resources-for-transgender-awareness-month/

Voix autochtones et savoirs anciens 
Alors que le terme « transgenre » gagnait du terrain dans les politiques et les médias, les peuples autochtones revitalisaient le terme « bispirituel » (Two-Spirit). Apparu dans les années 1990 au sein des communautés autochtones LGBTQ+, il exprimait des compréhensions précoloniales de la diversité de genre et des rôles spirituels. Les leaders bispirituels ont réorienté le dialogue national en rappelant que la variance de genre a toujours existé sur ce territoire. 

Des mots qui continuent d’évoluer 
Le vocabulaire autour du genre au Canada continue de s’élargir. Des termes comme « non binaire », « fluide de genre » et « diversité de genre » reflètent un mouvement vers une plus grande inclusion et une autonomie personnelle accrue. Chaque nouveau mot témoigne de l’évolution de la compréhension collective de l’identité. 

Pour les historien·ne·s et les archivistes, documenter l’évolution de ces termes est essentiel. Grâce à des projets comme ceux menés par la Canadian Pride Historical Society, le suivi des changements linguistiques permet de retracer comment les Canadiennes et les Canadiens ont appris à reconnaître la diversité de genre. 

Références : 
Projet de loi C-16 
Egale Canada 
Vocabulaire LGBTQ 
Native Youth Sexual Health Network 
Mois de l’histoire LGBT à l’Université métropolitaine de Toronto 

Image reads: Against Bullying #SpiritDay The background is purple and the image above the words is a white hand with a rainbow heart imprinted onto it.
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Chaque mois d’octobre, le violet s’impose. Des monuments partout au Canada s’illuminent de teintes mauves. Les couloirs d’école se remplissent de chandails et de rubans violets. Pendant une journée, une seule couleur relie des millions de personnes dans un geste silencieux de solidarité. Cette année, la Journée du Spirit Day aura lieu le 16 octobre.

En 2010, Brittany McMillan, une élève du secondaire en Colombie-Britannique, a lu des articles sur une série de suicides d’adolescents LGBTQ+ aux États-Unis. Elle voulait créer une façon pour les jeunes de voir qu’ils étaient soutenus et valorisés. Son idée était simple : demander aux gens de porter du violet une journée pour dénoncer l’intimidation. Elle a partagé l’idée sur Tumblr, et elle s’est propagée rapidement. Le choix de la couleur était intentionnel : sur le drapeau arc-en-ciel original conçu par Gilbert Baker, le violet représente l’esprit.

De la résistance à l’appartenance

La Journée du Spirit Day a pris de l’ampleur. Des écoles, des milieux de travail et des groupes communautaires à travers le Canada y ont participé. Les médias s’y sont joints. Des monuments comme la Tour CN ont commencé à briller de violet la nuit. La journée est devenue un symbole de résistance contre l’intimidation et la discrimination, mais aussi un moment collectif de visibilité pour les jeunes LGBTQ+ et leurs allié·e·s.

Au fil des ans, la Journée du Spirit Day a évolué. Ce qui avait commencé comme un geste de deuil et de protestation s’est transformé en célébration, en éducation et en solidarité. Les écoles ont utilisé cette journée pour enseigner l’inclusion et l’histoire queer. Les organismes de la Fierté l’ont intégrée à leurs activités communautaires. Le message s’est élargi : de « tu n’es pas seul·e » à « ta place est ici ». Chaque mois d’octobre, elle rappelle à la fois les torts causés par l’homophobie et la transphobie, et célèbre les communautés qui continuent de grandir malgré elles.

Le pouvoir du violet

Le violet a porté cette évolution. Un simple chandail ou ruban est devenu plus qu’un symbole : c’est un rituel partagé qui relie les générations. Pour les militant·e·s de longue date, il reflète des décennies de lutte et de résilience. Pour les jeunes, il peut représenter leur premier geste visible d’allié·e ou d’affirmation identitaire. Pour tous, c’est une façon de garder l’histoire vivante dans le présent.

Un moment partagé qui perdure

À Halifax, une enseignante se souvient de la première fois où ses élèves ont porté du violet pour la Journée du Spirit Day. Elle ne savait pas combien participeraient. Ce matin-là, elle est entrée dans une classe remplie de chandails mauves et d’épingles faites maison. Les élèves avaient créé des affiches sur l’histoire queer et les campagnes contre l’intimidation. « On aurait dit que la pièce avait changé, » dit-elle. « Ce n’était pas juste porter une couleur. C’était revendiquer un espace ensemble. »

Ce moment partagé est ce qui garde la Journée du Spirit Day pertinente, quinze ans après sa création. Chaque lumière violette et chaque vêtement honorent le passé tout en affirmant un engagement envers l’avenir. Cela montre aux jeunes qu’ils sont vus et valorisés. Cela rappelle aux communautés que l’appartenance se construit par des gestes, pas seulement par des slogans.

En cette Journée du Spirit Day, souvenons-nous que le violet n’est pas qu’un tissu ou une lumière. C’est une mémoire vivante, transmise chaque fois que quelqu’un choisit de le porter.

Références

https://www.glaad.org/spiritday
https://www.gilbertbaker.com

Image shows an orange t-shirt keychain that a person (face not shown) is wearing.
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Le 30 septembre marque la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation. C’est un moment pour s’arrêter, réfléchir et s’informer sur l’héritage du système des pensionnats autochtones au Canada. Pour la Société historique de la Fierté canadienne, cette journée est aussi l’occasion de reconnaître une histoire souvent négligée : le lien profond entre les communautés autochtones et 2SLGBTQIA+, à travers le rôle essentiel des personnes bispirituelles.

Le terme « bispirituel », créé en 1990 lors d’un rassemblement autochtone à Winnipeg, est utilisé par certaines personnes des Premières Nations, Métis et Inuits pour décrire une identité de genre, sexuelle et spirituelle qui existait bien avant la colonisation. Il reflète la diversité des cultures autochtones, dont plusieurs reconnaissaient et valorisaient les personnes incarnant à la fois des rôles masculins et féminins, ou assumant des responsabilités uniques au sein de leur communauté.

Perturbation coloniale et effacement partagé

Ces traditions ont été bouleversées par le colonialisme. Le système des pensionnats autochtones, géré par les Églises et soutenu par le gouvernement fédéral, visait à effacer les langues, les cérémonies et les identités autochtones. Cette suppression s’est également étendue à la persécution des personnes bispirituelles. Ce qui était autrefois source de respect et d’appartenance est devenu cible de stigmatisation et de punition.

Cette histoire commune d’effacement est un point de convergence entre les expériences autochtones et queer. Tout comme les personnes queers au Canada ont été confrontées à la criminalisation, à l’invisibilité et à la violence, les peuples autochtones ont subi des tentatives systémiques de suppression de leurs cultures et de leurs modes d’existence. Pour les personnes bispirituelles, ces fardeaux sont doublés.

Renaissance et solidarité

Aujourd’hui, de nombreux leaders bispirituels reprennent leur place au sein de leurs communautés et dans le mouvement 2SLGBTQIA+ en général. Ce sont des artistes, des militant(e)s, des Aîné(e)s et des jeunes qui incarnent à la fois la résilience et la renaissance. Leurs voix nous rappellent que la réconciliation ne consiste pas seulement à reconnaître les torts du passé, mais aussi à restaurer des traditions que le colonialisme a tenté d’effacer.

Pour les membres non autochtones de la communauté 2SLGBTQIA+, la solidarité commence par l’écoute. S’informer sur la signification de l’identité bispirituelle et sur la diversité qu’elle représente est une étape vers le respect. Soutenir les initiatives dirigées par des Autochtones, participer à des événements où les personnes bispirituelles occupent une place centrale et faire de la place à leurs histoires dans les espaces de la Fierté sont autant de gestes concrets d’agir.

Relations, engagement et espoir

La vérité et la réconciliation ne sont pas des idées abstraites. Elles se vivent à travers les relations, à travers les choix que nous faisons quant aux personnes que nous soutenons et à la manière dont nous nous souvenons du passé. En cette journée, il est essentiel d’honorer les survivant(e)s des pensionnats autochtones et leurs familles. Il est tout aussi important de reconnaître que les personnes autochtones queers et trans portent encore aujourd’hui des histoires à la fois douloureuses et puissantes.

La Société historique de la Fierté canadienne s’engage à préserver les récits des personnes 2SLGBTQIA+ au Canada, et cela inclut le soutien aux personnes bispirituelles, dont les histoires font partie intégrante de l’histoire de ce pays. Le 30 septembre, nous encourageons chacun(e) à porter du orange[A1] , à réfléchir aux vérités liées aux pensionnats autochtones, et à en apprendre davantage sur le rôle des personnes bispirituelles dans les communautés autochtones.

La réconciliation exige de l’honnêteté, mais elle exige aussi de l’espoir. En reconnaissant les croisements de nos histoires, nous pouvons œuvrer vers un avenir où les voix autochtones et 2SLGBTQIA+ ne sont pas seulement entendues, mais célébrées.

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Source: https://www.canada.ca/en/canadian-heritage/campaigns/national-day-truth-reconciliation.html 

Références de l’article: 

Government of Canada. National Day for Truth and Reconciliation. https://www.canada.ca/en/canadian-heritage/campaigns/national-day-truth-reconciliation.html 

National Centre for Truth and Reconciliation. Reports and Calls to Action. https://nctr.ca/records/reports/#trc-reports 

Egale Canada. Two-Spirit Identity. https://egale.ca/awareness/two-spirit/ 

We Demand Rally Banner (1)
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En plein hiver 1971, un petit groupe d’activistes déterminés s’est réuni dans le froid, devant la Colline du Parlement à Ottawa, pour réclamer une nouvelle vision du Canada. Connu sous le nom de rassemblement We Demand, cet événement fut la première grande manifestation pour les droits des personnes gaies au pays. Bien que le nombre de manifestants ait été moins de 200, cette mobilisation a marqué le début d’un dialogue national sur l’égalité pour les Canadiens gais, bisexuels et lesbiennes, et pour ce que nous appelons aujourd’hui la communauté 2SLGBTQIA+.

Ce rassemblement n’était pas spontané. Il s’appuyait sur un mémoire soigneusement rédigé de 13 pages, et transmis au gouvernement fédéral, qui énonçait des demandes précises de réformes. Celles-ci allaient de la fin des pratiques discriminatoires en matière d’immigration à l’élimination des inégalités liées à l’âge du consentement. Les militants réclamaient aussi des changements dans le traitement des employés soupçonnés d’homosexualité dans l’armée et la fonction publique. En somme, ce mémoire constituait une remise en question directe des lois et politiques qui perpétuaient la stigmatisation et limitaient les libertés fondamentales.

Le 28 août de cette année-là, les manifestants ont porté ces revendications sur la place publique. Leur message était simple mais urgent : les Canadiens avaient droit de vivre ouvertement, sans crainte d’arrestation, de renvoi ou de harcèlement. Beaucoup avaient connu l’isolement social, la perte d’emploi ou le rejet familial. En se rassemblant sur la Colline du Parlement, ils ont mis leur vie et leur avenir en jeu pour montrer que la discrimination n’était pas une abstraction juridique, mais une réalité vécue.

Même si le changement ne s’est pas produit immédiatement, le rassemblement est aujourd’hui reconnu comme un tournant. Les revendications mettaient en lumière l’écart entre la réputation du Canada comme société équitable et les expériences réelles de ses citoyens queers. La manifestation a aussi servi de modèle aux mobilisations futures prouvant que l’action publique coordonnée pouvait attirer l’attention des médias et inscrire les enjeux de sexualité et de droits humains à l’agenda politique.

Certaines réformes demandées en 1971 ont mis des décennies à se concrétiser, et d’autres restent encore débattues. Mais le rassemblement We Demand a donné une voix à celles et ceux qui étaient exclus des discussions politiques. Il a rappelé aux Canadiens que le progrès ne vient jamais sans persévérance. Bon nombre des droits et libertés dont nous jouissons aujourd’hui, comme les droits en milieu de travail, la reconnaissance des relations entre personnes de même sexe et la possibilité de servir ouvertement dans l’armée — trouvent leurs racines dans ce jour d’hiver à Ottawa.

Pour les jeunes Canadiens qui découvrent cette histoire, le rassemblement est bien plus qu’une leçon de politique : il montre comment de petits gestes de courage peuvent avoir un impact durable. Les participants ne savaient pas si leur protestation réussirait, mais leur décision de se rassembler a contribué à lancer un mouvement qui s’est renforcé au fil des décennies.

Aujourd’hui, le rassemblement We Demand est reconnu comme une étape singulière de l’histoire des droits humains au Canada. Il rappelle le pouvoir des citoyens ordinaires à demander des comptes aux gouvernements et à exiger dignité et égalité. Un demi-siècle plus tard, il demeure une référence dans les célébrations de la Fierté et dans les luttes en cours pour bâtir un pays plus inclusif.

Women's Equality Day Banner
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Le choix de la date de la Journée de l’égalité des femmes commémore la signature du 19ᵉ
amendement, le 26 août 1920, une avancée majeure de la Constitution américaine qui interdisait
aux gouvernements fédéral et étatiques de restreindre le droit de vote en fonction du sexe. S’il
s’agissait d’une avancée considérable rendue possible grâce au travail acharné de militantes
dévouées, il est essentiel de souligner que seule une faible proportion de femmes américaines a
pu alors exercer ce droit : les femmes racisées ont dû lutter pendant plusieurs décennies
supplémentaires afin d’obtenir le même accès au vote.

La députée de New York Bella Abzug fut la première à présenter, en 1971, une
résolution visant à reconnaître officiellement la Journée de l’égalité des femmes, un an après la
grève des femmes pour l’égalité qui avait mobilisé l’ensemble du pays. La date fut célébrée pour
la première fois deux ans plus tard, en 1973. Cinquante-deux ans plus tard, elle demeure un
important rappel du premier pas vers une justice trop longtemps attendue.
Le travail des suffragettes américaines, telles que Susan B. Anthony, est bien connu
même au-delà des frontières des Etats-Unis. Mais l’histoire du mouvement canadien pour le droit
de vote des femmes n’en est pas moins riche ni moins importante. La première victoire de cette
lutte fut remportée le 27 janvier 1916, lorsque les femmes du Manitoba d’ascendance ou de
citoyenneté britannique et âgées d’au moins 21 ans ont obtenu le droit de voter aux élections
provinciales. Cette avancée, durement acquise, fut précédée des efforts d’organisations comme la
Manitoba Political Equality League, qui avait présenté, le 23 décembre de l’année précédente,
deux pétitions en faveur du droit de vote des femmes. Ces pétitions, signées par des hommes et
des femmes, comptaient près de quarante mille signatures. Les autres provinces emboîtèrent
rapidement le pas : la Saskatchewan adopta sa propre réforme moins de deux mois plus tard,
suivie par l’Alberta un peu plus d’un mois après. La Colombie-Britannique, l’Ontario et la
Nouvelle-Écosse suivirent à leur tour. Finalement, la dernière province à reconnaître ce droit
essentiel fut le Québec, en 1940, et le dernier territoire, les Territoires du Nord-Ouest, en 1951. À
l’échelle fédérale, c’est le 24 mai 1918 que les femmes furent officiellement autorisées à voter
aux élections fédérales. La Première Guerre mondiale, les lois sur les élections en temps de
guerre et les électeurs militaires, avaient permis aux femmes membres des forces armées et aux proches parentes d’officiers militaires de voter. Mais la loi de 1918 élargit ce droit de manière
beaucoup plus générale quoique pas encore universelle. Si vous souhaitez en apprendre
davantage sur la chronologie de la lutte pour l’égalité du droit de vote, l’Encyclopédie
canadienne propose une excellente ressource en ligne, accessible ici.
Il est essentiel de souligner que toutes les femmes n’ont pas obtenu les mêmes droits au
même moment.

Les femmes racisées à travers le Canada ont dû lutter bien plus longtemps et avec plus
d’acharnement pour obtenir les mêmes droits que les femmes blanches d’ascendance britannique,
en particulier les communautés asiatiques et autochtones. L’adoption de la Loi électorale du
Dominion en 1920 a comblé certaines lacunes ; elle a accordé le droit de vote à celles et ceux qui
en avaient été privés durant la Grande Guerre, notamment les personnes originaires de pays
contre lesquels le Canada avait été en guerre. Toutefois, cette loi stipulait explicitement que les
personnes privées de leurs droits en raison de leur origine raciale au niveau provincial
demeureraient exclues. Cela incluait, en Saskatchewan, les personnes d’origine chinoise, et en
Colombie-Britannique, celles d’origine chinoise, japonaise, sud-asiatique ainsi que les
Autochtones. Ces injustices ne commencèrent à être corrigées, sans exception, qu’à partir des
années 1940. Le 1ᵉʳ janvier 1947, les citoyens et citoyennes d’origine chinoise et sud-asiatique
(hommes et femmes) ont obtenu le droit de vote, tant au niveau fédéral que provincial. Les
Canadiens d’origine japonaise, ainsi que les femmes autochtones, ont dû attendre encore plus
longtemps : ce n’est qu’en 1949 que les Canadiens et Canadiennes d’origine japonaise ont pu
enfin exercer ce droit.

Les femmes autochtones ont dû mener une lutte encore plus ardue pour leurs droits,
compliquée par la Loi sur les Indiens. Au cours des années 1950 et 1960, les « Indiens inscrits »
ont obtenu le droit de vote provincial progressivement, province par province. Cependant, la
clause de la Loi sur les Indiens stipulant que les femmes autochtones perdaient leur « statut » si
elles épousaient une personne sans « statut » maintenait des milliers de femmes autochtones dans
la privation de leur droit de vote. Des organisations comme l’association des femmes
autochtones du Canada ont travaillé sans relâche pendant des années pour corriger cette injustice,
et la Commission des droits de l’homme de l’ONU a déclaré même que la perte de « statut »
équivalait à une ingérence culturelle. Les décennies de travail acharné et de persévérance ont
finalement porté leurs fruits le 17 juin 1985, avec l’adoption du projet de loi C-31, qui a modifié
la Loi sur les Indiens afin de supprimer la discrimination basée sur le genre présente dans ses
dispositions. Soixante-sept ans après que les femmes britanniques du Manitoba ont obtenu le
droit de vote, ce droit fut enfin accordé à presque tous les Canadiens, quel que soit leur origine
raciale. Trois ans plus tard, en 1988, la toute dernière lacune fut comblée, et les personnes ayant
une déficience intellectuelle ont pu voter pour la première fois. Le Canada était enfin devenu une
véritable démocratie pour tous.

Cependant, les inégalités en matière de vote existent encore aujourd’hui, souvent liées à
l’accessibilité physique au vote. Par exemple, les femmes du Nunavut ont pu voter à partir de
1950, mais dans les communautés éloignées, les urnes n’ont été installées qu’en 1962, privant
ainsi tous les genres de la possibilité de voter. Les personnes en situation de handicap peuvent
également rencontrer des difficultés pour se rendre dans un bureau de vote, un problème qui, bien que partiellement atténué par le vote par correspondance, demeure préoccupant encore
aujourd’hui. Le vote est une composante essentielle de toute démocratie fonctionnelle. Il est
donc important que, tout en célébrant les progrès réalisés, nous reconnaissions également le
chemin qu’il reste encore à parcourir.

La Journée de l’égalité des femmes est un rappel poignant que bon nombre des droits et
libertés dont nous jouissons aujourd’hui ont été acquis très récemment, parfois même dans la
mémoire vivante. Alors que la politique, tant au Canada qu’ailleurs dans le monde, semble
devenir de plus en plus inquiétante, et que les droits auxquels nous sommes tous censés avoir
accès sont parfois remis en question, il devient d’autant plus essentiel de se tourner vers le passé
et d’en tirer des leçons. La persévérance et le courage de celles et ceux qui se sont battus sans
relâche pour le droit de chaque femme à participer à la démocratie continuent d’inspirer celles et
ceux qui luttent pour toutes sortes de justice. En cette journée, nous rendons hommage à leurs
efforts et leur exprimons notre gratitude.

Image showing a group of people advocating for the LGBTQ+ community in Kitchener Waterloo.
Projet d'éducation

En août 1973, quelque chose de discrètement remarquable s’est produit à travers le Canada. Pour la toute première fois, des communautés LGBT dans des villes comme Vancouver, Toronto et Montréal ont organisé une semaine coordonnée d’activités ; qui allait devenir la première Semaine de la Fierté canadienne. 

Cela ne ressemblait pas aux grandes parades colorées que nous connaissons aujourd’hui. Pas de chars, pas de commanditaires corporatifs, et très peu de couverture médiatique. Mais pour celles et ceux qui y ont participé, ce fut un tournant majeur. 

À l’époque, il était encore risqué d’afficher ouvertement son orientation sexuelle ou son identité de genre. L’homosexualité n’avait été décriminalisée au Canada que quatre ans plus tôt, et la discrimination était encore largement répandue. Mais l’énergie de la révolte de Stonewall à New York en 1969 avait atteint les villes canadiennes. Des militant(e)s, des membres des communautés et des allié(e)s ont commencé à se rassembler, déterminés à être vus et entendus. 

La Semaine de la Fierté 1973 s’est déroulée à travers le pays. À Toronto, des centaines de personnes se sont réunies pour un pique-nique sur les îles de Toronto ; un moment rare de connexion ouverte pour les personnes LGBT. À Vancouver et Montréal, des rassemblements et discussions ont été organisés, créant des espaces pour aborder les droits humains, les barrières sociales et la nécessité de protections juridiques. 

Cette semaine ne visait pas seulement à célébrer. Il s’agissait d’occuper l’espace public et de rappeler que les personnes LGBT faisaient partie intégrante de la société canadienne ; que le public y soit prêt ou non. 

Avec du recul, la Semaine de la Fierté 1973 peut sembler modeste selon les standards actuels, mais son impact est indéniable. Ce fut la première fois que des Canadien(ne)s de différentes villes se sont rassemblés pour réclamer le changement de manière visible et publique. 

Depuis, les événements de la Fierté ont pris de l’ampleur partout au Canada, en taille comme en visibilité. Mais les racines de ces célébrations remontent à ces premiers jours, où prendre la parole impliquait de véritables risques. 

À la Société historique de la Fierté canadienne, nous croyons qu’il est essentiel de préserver ces histoires ; non seulement pour souligner les progrès réalisés, mais aussi pour reconnaître le travail qu’il reste à accomplir afin que chacun puisse vivre ouvertement et en sécurité, peu importe son identité ou qui il aime. 

Pour en savoir plus sur les origines de la Fierté au Canada et les personnes qui ont ouvert la voie, visitez notre site : https://cphs.ca/. 

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Projet d'éducation

Le 7 février 2025 est la journée nationale de sensibilisation au VIH/sida parmi la communauté noire. Tout au long de l’épidémie de VIH/sida, les communautés noires ont été confrontées à des obstacles inéquitables en matière de mesures préventives et de soins pour la maladie, et ce jusqu’à aujourd’hui. L’histoire du virus est marquée par des injustices et des inégalités, en particulier à l’égard des communautés noires et queers.

Au début des années 1980, le public a été informé de l’existence d’une maladie qui allait être connue sous le nom de VIH (virus de l’immunodéficience humaine) et de son stade le plus avancé, le sida (syndrome d’immunodéficience acquise). Le Center for Disease Control (centre de contrôle des maladies) des États-Unis a d’abord recensé des cas chez un petit groupe d’hommes gais de Los Angeles, décrits comme ayant contracté une infection pulmonaire rare, ainsi que d’autres infections inhabituelles. La maladie a d’abord été considérée comme un cancer gay, ce qui a conduit le public à attribuer à tort la maladie à la seule communauté gay. Au fur et à mesure que la maladie se répandait, nombre des premiers patients ayant contracté cette nouvelle maladie avaient déjà commencé à mourir.

Au milieu des années 80, on a découvert que les femmes pouvaient également contracter le sida et le transmettre à leurs enfants, car les rapports de cas provenant du monde entier continuaient à faire état d’une augmentation des taux d’infection dans toutes les catégories démographiques. À cette époque, une épidémie de sida hétérosexuel était en cours en Afrique, en plus de la montée en flèche des taux d’infection dans le reste du monde. Des milliers de personnes ayant contracté le VIH dans le monde entier allaient mourir du sida tout au long des années 1980.

En raison de l’augmentation des taux de mortalité, des recherches ont été menées tout au long des années 1980 afin de mieux comprendre le virus et les moyens de le traiter. De nombreuses idées fausses circulaient sur le virus, en plus des nombreux stigmates et croyances discriminatoires associés au VIH/sida. Bien que les responsables de la santé publique, les hommes politiques, les chercheurs et les organisations communautaires aient commencé à donner la priorité à la crise mondiale et à lui allouer davantage de ressources, ce n’est qu’en 1987 que le premier médicament antirétroviral, l’AZT, a été mis au point.

L’accès à l’AZT et à d’autres traitements était coûteux et le virus touchait de manière disproportionnée les communautés marginalisées et dépourvues de ressources, en particulier les communautés queer de couleur et les pays en développement. En 1997, les Nations unies estimaient qu’environ 30 millions de personnes dans le monde vivaient avec le VIH. Cela signifie qu’environ 1 adulte sur 100 dans le monde vivait avec le VIH. Grâce à des ressources disproportionnées, le nombre de décès liés au sida a diminué dans de nombreux pays occidentaux à la fin des années 1990, alors que dans le même temps, le VIH se propageait rapidement en Asie, dans le Pacifique et en Afrique, en particulier en Afrique subsaharienne.

Les traitements et les mesures préventives étant beaucoup moins disponibles dans les pays en développement, les taux d’infection et de mortalité sont montés en flèche en 2002, si bien que le VIH/sida est devenu la première cause de décès dans le monde pour les personnes âgées de 15 à 59 ans. Les communautés africaines ont été les plus durement touchées : en 2002, 28,5 millions d’Africains vivaient avec le VIH et seuls 35 000 d’entre eux avaient accès à un traitement contre le VIH.

Avec autant de personnes touchées par le virus dans le monde, la recherche a proliféré et a conduit à de nouvelles avancées. En 2012, la FDA des États-Unis a approuvé le Truvada utilisé pour la PrEP (prophylaxie pré-exposition), qui permet aux personnes qui n’ont pas le VIH mais qui risquent de le contracter de prendre le médicament pour réduire leur risque de contracter le virus. Cette mesure, associée à une augmentation significative des tests de dépistage, a permis de réduire davantage les taux d’infection. D’abord dans les pays disposant de ressources plus importantes, puis dans les pays en développement. Enfin, en 2023, 29,8 millions de personnes, sur les 39 millions de personnes vivant avec le VIH dans le monde, prenaient des médicaments rétroviraux qui rendaient leur taux de VIH indétectable et empêchaient la transmission du virus à leurs partenaires.

Bien que la diminution des taux d’infection et de mortalité liés au VIH/sida constitue une étape importante, les communautés noires continuent de contracter le virus de manière disproportionnée. De nombreux membres de la communauté noire se heurtent encore à des obstacles dans l’accès à la prévention et aux soins.

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