Catégorie : Sensibilisation

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Sensibilisation

Bien avant les passages piétonniers arc-en-ciel et les commandites de la Fierté, des Canadien·ne·s noir·e·s 2SLGBTQIA+ ont bâti quelque chose de plus discret, mais de plus durable. Ils et elles ont bâti des familles choisies.

Il ne s’agissait pas de relations symboliques. Elles étaient pratiques, émotionnelles et souvent vitales. Des ami·e·s partageaient un logement, de la nourriture, des pistes d’emploi et une protection mutuelle. Des aîné·e·s accompagnaient des jeunes qui devaient composer à la fois avec le racisme et l’homophobie. Les fêtes, les rassemblements à domicile et les espaces sociaux informels devenaient à la fois des lieux de joie et de refuge.

La famille choisie n’est pas née d’un effet de mode, mais par nécessité. Pour de nombreuses personnes noires 2SLGBTQIA+ au Canada, les familles biologiques, les églises et les institutions ne pouvaient pas — ou ne voulaient pas — offrir un espace sécuritaire. La communauté est intervenue là où les systèmes ont échoué.

La famille choisie comme infrastructure historique

D’un point de vue historique, les familles choisies ont fonctionné comme une véritable infrastructure. Elles ont offert des soins en l’absence de services sociaux. Elles ont préservé la culture lorsque les espaces 2SLGBTQIA+ dominants étaient peu accueillants, voire ouvertement hostiles. Elles ont transmis des savoirs liés à la survie, au style, au langage et à la résistance.

Dans des villes comme Toronto, Montréal et Halifax, les communautés noires 2SLGBTQIA+ ont créé des réseaux qui existaient largement en dehors de toute reconnaissance officielle. Ces espaces ont rarement été documentés dans les archives institutionnelles. Ils n’ont pas toujours laissé de tracts, de procès-verbaux ou de photographies. Leur travail était relationnel et souvent volontairement discret.

Cette invisibilité est importante. Lorsque l’histoire privilégie les institutions plutôt que les relations humaines, des formes entières de travail communautaire disparaissent des récits officiels.

Ce que la Fierté retient — et ce qu’elle oublie

L’histoire de la Fierté au Canada met souvent de l’avant des jalons faciles à documenter : les victoires juridiques, les défilés, les organismes dotés de chartes et de conseils d’administration. Ces moments comptent. Mais ils ne racontent pas toute l’histoire.

Les familles choisies remettent en question notre définition du progrès. Elles nous rappellent que la libération ne passait pas uniquement par la visibilité, mais par le soin. Pas seulement par la célébration, mais par la constance. De nombreuses personnes noires 2SLGBTQIA+ n’ont pas vécu la Fierté comme un espace sécuritaire ou accueillant, même à mesure que les mouvements avançaient.

Si ces histoires sont absentes de notre mémoire collective, ce n’est pas parce qu’elles étaient insignifiantes. C’est parce qu’elles étaient plus difficiles à catégoriser — et plus faciles à ignorer.

Ce que l’histoire noire 2SLGBTQIA+ peut enseigner à la Fierté aujourd’hui

Alors que les mouvements de la Fierté au Canada réfléchissent à l’inclusion et à leur pertinence, les familles choisies noires 2SLGBTQIA+ offrent une leçon profondément ancrée dans l’histoire. La Fierté n’a jamais été seulement une question de visibilité une fois par année. Elle portait sur celles et ceux qui sont présent·e·s les 364 autres jours.

Les modèles communautaires fondés sur le soin posent d’autres questions. Qui est soutenu toute l’année ? Qui est protégé lorsque l’attention retombe ? À qui confie-t-on le leadership ?

Les communautés noires 2SLGBTQIA+ ont répondu à ces questions bien avant l’apparition des chars corporatifs ou des scènes officielles.

Se souvenir pour aller de l’avant

Le Mois de l’histoire des Noirs nous invite non seulement à enrichir les archives, mais aussi à repenser la manière dont l’histoire est racontée. La famille choisie n’est pas qu’un chapitre du passé. Elle nous rappelle que la communauté se construit par la responsabilité, et non par l’image de marque.

Si les familles choisies ont autrefois permis à des Canadien·ne·s noir·e·s 2SLGBTQIA+ de survivre, elles peuvent encore aujourd’hui nous indiquer la voie vers la Fierté dont nous avons besoin pour la suite.

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Depuis 2012, la Journée internationale des personnes non binaires est célébrée chaque année le 14 juillet — une date choisie pour se situer à mi-chemin entre la Journée internationale des femmes et la Journée internationale des hommes. Cette journée — et la Semaine de sensibilisation aux personnes non binaires, qui débute le lundi précédent — est un moment pour reconnaître, célébrer et mettre en valeur les personnes non binaires à travers le monde, découvrir les diverses façons dont elles vivent leur identité, et réaffirmer notre engagement à faire progresser les droits des personnes non binaires, de toutes les manières possibles.

Les personnes non binaires vivent partout dans le monde, et ce, depuis les débuts de l’humanité. Des références à ce que nous décririons aujourd’hui comme des identités non binaires se trouvent dans certains des plus anciens récits auxquels nous avons accès, comme un mythe sumérien de la création datant du 2e millénaire av. J.-C., dans lequel la déesse Ninmah crée un être « sans organe mâle ni organe femelle ». Dans cette même culture mésopotamienne, il est aussi avancé que certaines personnes qui servaient dans les temples d’Inanna/Ishtar étaient perçues comme un « troisième genre », ni homme ni femme. Dans d’autres cultures anciennes, comme celles du monde gréco-romain (décrites dans Le Banquet de Platon) et du nord de la Thaïlande, on affirmait qu’il existait trois « sexes » à la création de l’humanité. De l’autre côté de l’océan, on pense aussi que les cultures mésoaméricaines reconnaissaient le genre comme étant fluide et faisant partie d’un spectre. Les Mayas vénéraient une divinité androgène du maïs, ainsi qu’une déesse lunaire à l’apparence masculine, et les anthropologues suggèrent qu’à l’apogée de la période classique maya, les dirigeant·e·s se présentaient comme « incarnant toute la gamme des possibilités de genre, de l’homme à la femme ». Les Incas, quant à eux, accordaient une grande importance aux quariwarmi (hommes-femmes) qui servaient Chuqui Chinchay, une divinité jaguar.

Il n’est donc pas surprenant qu’aujourd’hui, les identités non binaires et de « troisième genre » existent toujours à travers le monde, avec des expériences aussi variées que les couleurs de l’arc-en-ciel. En Thaïlande, plusieurs considèrent les kathoeys comme un exemple de troisième genre, bien que cette définition ne fasse pas consensus. Ailleurs en Asie du Sud-Est, le peuple Bugis du sud de Sulawesi, en Indonésie, reconnaît cinq genres distincts : makkunrai, oroané, calabai, calalai et bissu, que l’on peut approximativement traduire par femmes cis, hommes cis, femmes trans, hommes trans, et personnes androgynes ou intersexuées, respectivement. Encore une fois, tou·te·s ne s’entendent pas sur la classification des trois derniers comme « troisième genre », mais il est indéniable que celles et ceux qui s’identifient ainsi occupent un rôle social distinct de « femme » ou « homme ». De nombreuses cultures polynésiennes reconnaissent également des identités autres que simplement « homme » ou « femme », avec des personnes comme les māhū dans les cultures hawaïenne et tahitienne autochtones, les fakaleiti dans la culture tongienne et les fa’afafine dans la culture samoane, toutes respectées et aimées dans leurs communautés. En Asie du Sud, les hijras (aussi connu·e·s sous les noms aravani et khawaja sira) sont depuis longtemps un élément essentiel de leurs sociétés, vivant souvent dans des communautés définies et exclusivement hijras, avec leur propre culture, comme le système de parenté guru-chela.

Au Canada et sur l’Île de la Tortue (nom autochtone de l’Amérique du Nord), le terme bisprit est souvent utilisé comme terme générique pour décrire les nombreuses façons dont les peuples autochtones conçoivent et expriment le genre. Il est crucial de souligner qu’il s’agit d’un terme parapluie destiné à des publics plus larges, puisque chaque culture autochtone est unique et possède ses propres termes et concepts en lien avec le genre. Ce terme a été élaboré au fil de cinq conférences par plusieurs participant·e·s, et adopté officiellement lors de la Troisième Conférence annuelle intertribale des peuples autochtones, des Premières Nations, des personnes gaies et lesbiennes, qui s’est tenue à Winnipeg en 1990. Le terme anglais two-spirit fut proposé en premier, mais une traduction en ojibwé, niizh manidoowag, a rapidement été créée pour honorer les peuples dont le territoire accueillait la conférence. Michelle Cameron, une femme bispirituelle de la Nation Carrier, a écrit : « Le terme bispirituel est […] un terme autochtone spécifique de résistance à la colonisation et non transférable à d’autres cultures. Plusieurs raisons fondamentales expliquent le désir des Autochtones bispirituels de se distinguer de la communauté queer dominante. »
L’auteur de ce texte n’est pas autochtone et ne prétend donc pas pouvoir offrir une description complète, précise ou culturellement informée de ce que signifie le mot bispirituel pour les peuples autochtones, ni des identités et concepts culturels qu’il recouvre. Ainsi, je recommande fortement de consulter les écrits et témoignages des personnes bispirituelles pour réellement comprendre ce que ce terme signifie pour elles et comment il est vécu.

Il est extrêmement important de se rappeler, lorsqu’on découvre ces différentes identités et expressions à travers une perspective occidentale et anglophone, que notre terminologie et notre compréhension du genre et des identités non binaires ne correspondent pas toujours à la façon dont les personnes concernées se décrivent elles-mêmes. Nous devons toujours écouter en priorité les voix de celles et ceux dont les identités sont en jeu, et utiliser les mots et étiquettes qu’ils et elles nous demandent d’employer. L’intersectionnalité et la sensibilité culturelle sont essentielles dans ces discussions, tout comme le fait de reconnaître que certaines choses sont difficiles à traduire avec précision en anglais ou en français. Si vous souhaitez en apprendre davantage sur la richesse de l’expression et des identités de genre à travers le monde — ce texte n’est qu’un bref aperçu — je vous encourage une fois de plus à écouter directement les voix des personnes concernées, car elles seront toujours les mieux placées pour en parler.

Le moment historique que nous vivons peut sembler lourd pour toute personne faisant partie de la communauté LGBTQIA+, et plus particulièrement pour les personnes trans ou non binaires. Il y aurait beaucoup à dire sur la reconnaissance juridique et les droits des personnes non binaires à travers le monde, ainsi que sur la nécessité de lutter plus que jamais pour préserver et faire avancer les acquis — mais cela, nous le savons déjà. J’ai donc choisi de clore ce texte sur une note de célébration : une célébration de toutes les façons dont les personnes non binaires ont toujours existé et vécu leur vérité à travers l’histoire et partout sur la planète. L’espoir et la communauté sont essentiels. Nous devons continuer de nous soutenir et de nous élever les un·e·s les autres, du mieux que nous le pouvons.
En cette Journée internationale des personnes non binaires, prenons le temps d’honorer toute la beauté et la diversité qui rendent l’humanité si unique, et rappelons-nous que, peu importe où vous êtes dans le monde, peu importe comment vous vous identifiez ou vous exprimez, vous n’êtes jamais seul·e.

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Cette année, la Semaine de sensibilisation aux personnes non binaires se déroule du 14 au 20 juillet 2025. C’est un moment pour mettre en lumière les expériences des personnes non binaires, déconstruire les idées fausses et favoriser une meilleure compréhension au sein des communautés.

Bien que le terme non binaire soit devenu plus courant ces dernières années, les expériences et identités des personnes non binaires ne sont pas nouvelles. À travers les cultures et l’histoire, des personnes ont exprimé leur genre d’une manière qui dépasse les catégories homme ou femme.

Que signifie « non binaire »?
Dans sa définition la plus simple, le terme non binaire désigne des identités de genre qui ne s’inscrivent pas strictement dans les catégories d’homme ou de femme. Certaines personnes non binaires peuvent se sentir à la fois homme et femme. D’autres ne s’identifient à aucun des deux genres. Certaines se définissent comme fluides, agenres, bigenres ou utilisent d’autres termes reflétant leur vécu.

Il est important de se rappeler qu’il n’existe pas une seule façon d’être non binaire. Tout comme l’expression de genre varie chez les hommes et les femmes, elle varie aussi chez les personnes non binaires. L’apparence, les vêtements ou la manière dont une personne s’exprime ne définissent pas son identité.

Pourquoi la sensibilisation est importante
Les personnes non binaires continuent de faire face à de nombreux obstacles, notamment le manque de reconnaissance légale, la discrimination, la violence et une incompréhension persistante. Les recherches et les témoignages communautaires montrent que de nombreuses personnes non binaires ressentent de la pression pour se conformer au modèle binaire afin d’être acceptées ou de se protéger, ce qui peut nuire à leur santé mentale et à leur bien-être.

Les semaines de sensibilisation comme celle-ci offrent un espace de dialogue, d’éducation et de changement. Elles nous rappellent que la diversité de genre a toujours existé, et que bâtir des communautés inclusives passe par le respect de toutes les identités de genre.

Une partie de l’histoire et de l’avenir du Canada
Ici au Canada, les personnes non binaires ont toujours fait partie de la communauté 2SLGBTQIA+ et du tissu social plus large. De nombreuses cultures autochtones reconnaissent depuis longtemps les personnes aux identités de genre diverses, y compris celles qui s’identifient comme bisprit. Ce terme est utilisé par certain·e·s Autochtones pour refléter une compréhension sacrée et historique du genre qui va au-delà du modèle occidental binaire.

Ces dernières années, le Canada a fait des progrès dans la reconnaissance des identités non binaires, notamment en offrant des marqueurs de genre neutre sur les pièces d’identité dans certaines provinces et certains territoires. Cependant, des efforts restent nécessaires pour garantir aux personnes non binaires l’accès à la sécurité, aux soins de santé, aux droits légaux et au respect.

Comment montrer son soutien
• Écoutez les voix non binaires et faites-les entendre
• Respectez les noms et les pronoms des personnes
• Informez-vous sur les expériences vécues par les personnes non binaires
• Faites la promotion de politiques et d’espaces inclusifs

À la Société historique de la fierté canadienne, nous croyons que comprendre le passé permet de bâtir un avenir plus inclusif. La Semaine de sensibilisation aux personnes non binaires est un rappel d’écouter, d’apprendre et de soutenir cette communauté — non seulement cette semaine, mais chaque jour, dans un esprit de respect mutuel.

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Vous avez peut-être vu passer la date du 26 juin dédiée à la « Journée de l’Égalité LGBT » dans certains articles ou sur les réseaux sociaux ; et c’est non sans fondement. Le 26 juin 2015, la Cour suprême des États-Unis légalisait le mariage entre personnes de même sexe dans tout le pays. Ce jugement (Obergefell v. Hodges) a marqué un moment décisif dans l’histoire mondiale des droits LGBTQ+, souvent reconnu comme une date symbolique pour l’égalité matrimoniale. 

Mais ici, au Canada, nous avons notre propre jalon à célébrer. 

Le 20 juillet 2005, le Canada est devenu le quatrième pays au monde et le premier hors d’Europe à légaliser le mariage entre personnes de même sexe à l’échelle nationale. C’est à cette date que la Loi fédérale sur le mariage civil a reçu la sanction royale, confirmant que les couples de même sexe, peu importe la province ou le territoire, avaient le droit de se marier. 

C’est pourquoi de nombreux militants et militantes au Canada reconnaissent le 20 juillet comme la Journée de l’Égalité LGBT ; un moment pour réfléchir aux progrès réalisés, aux personnes qui ont ouvert la voie, et aux combats qu’il reste à mener. 

Ce chemin a surmonté les temps. En 1969, le Canada a décriminalisé les relations sexuelles entre personnes de même sexe. Durant les années 1980 et 1990, les militants ont revendiqué des lois contre la discrimination, la reconnaissance des couples, et l’accès égal aux prestations. Un tournant s’est produit en 1995, lorsque la Cour suprême du Canada a statué, dans l’affaire Egan c. Canada, que l’orientation sexuelle était protégée par la Charte des droits et libertés. Au début des années 2000, plusieurs provinces avaient déjà légalisé le mariage entre personnes de même sexe grâce à des jugements judiciaires, préparant ainsi le terrain pour la loi fédérale. 

Le 20 juillet ne concerne pas uniquement le mariage. Il symbolise une affirmation plus large de la dignité, de l’inclusion et des droits humains. Mais nous savons que la lutte pour l’égalité n’a pas pris fin ce jour-là. De nombreuses personnes 2SLGBTQIA+ au Canada ; en particulier les personnes trans, racisées, autochtones ou en situation de handicap continuent de faire face à des obstacles en matière de soins de santé, de logement, d’emploi et de sécurité. 

Voilà pourquoi cette journée garde toute son importance. Elle nous rappelle que le progrès est possible, et que préserver et apprendre de notre histoire nous aide à bâtir un avenir plus juste pour tous et toutes. 

À la Société historique de la Fierté canadienne, nous nous engageons à partager ces récits, à mettre en lumière les voix qui les ont façonnées, et à protéger l’histoire riche et complexe des communautés 2SLGBTQIA+ du Canada. 

Ce 20 juillet, prenons un moment pour célébrer l’engagement du Canada envers l’égalité et réfléchir à la manière dont nous pouvons continuer à le faire progresser. 

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Le 30 mai de cette année, nous commémorons le quarante-quatrième anniversaire de la descente au bathhouse Pisces, une opération organisée par le système judiciaire d’Edmonton visant à arrêter des hommes homosexuels dans un lieu qui avait jusque-là été un espace sûr pour se retrouver et tisser des liens. L’héritage de ces descentes a eu un effet profond et durable sur la communauté 2SLGBTQIA+ d’Edmonton, et cette journée est l’occasion de nous souvenir des événements tout en reconnaissant le progrès accomplis, mais aussi les combats qu’il nous reste à mener.

Les « bathhouses » ont été des lieux de rassemblement pour les hommes 2SLGBTQIA+ et les individus de genre masculin depuis des siècles, avec une version moderne apparue vers la fin du XIXe siècle. Ils servaient de refuges pour rechercher diverses formes de compagnie, et étaient souvent des destinations prisées pour les rencontres anonymes. Leur clientèle, leur niveau de discrétion, les services proposés et les attentes d’anonymat variaient, mais ils étaient, dans l’ensemble, des piliers stables et constants des communautés où ils étaient implantés. Edmonton, en Alberta, ne faisait pas exception.

Le Pisces Health Spa, ouvert en 1978, n’était en aucun cas le premier établissement du genre à Edmonton, mais il est rapidement devenu le plus réputé. Cela était en grande partie dû aux normes rigoureuses de propreté imposées par son gestionnaire, John Kerr, un chorégraphe qui travaillait avec les drag queens des Flashback Follies. Cet engagement envers l’hygiène a largement contribué à l’essor rapide de la clientèle du batthouse — qui comptait, à son apogée, plus de deux mille membres payants ; faisant du centre, une institution très appréciée de la communauté 2SLGBTQIA+ d’Edmonton.

Les bathhouses étaient un refuge dans un monde hostile, mais leur existence n’était pas ignorée pour autant, et il n’est pas surprenant que, dans le climat social de l’époque, des descentes de police y aient été enregistrées dès les années 1900. Ceux qui avaient le malheur d’être arrêtés lors de ces opérations étaient souvent victimes de violences, d’une dénonciation publique et de sanctions juridiques. Cette menace pesait sur toute personne franchissant les portes de ces espaces supposément sûrs.

Les forces de l’ordre canadiennes menaient des descentes dans les bathhouses depuis 1964, mais c’est en février 1981 que l’« Opération Savon » — une descente de quatre bathhouses en une seule nuit — a conduit à l’arrestation massive de trois cent six personnes en vertu de lois concernant les « maisons de débauche ». Cela ignorait non seulement la décriminalisation de l’homosexualité au Canada en 1969, mais aussi le fait que d’autres groupes, tels que les hommes hétérosexuels sollicitant des prostituées, faisaient l’objet d’une bien moindre surveillance sous les mêmes lois.

Mais l’Opération Savon n’était qu’un début. Dès février, neuf détectives d’Edmonton prenaient part à une vaste opération de surveillance. Tandis que d’autres agents se cachaient dans un bâtiment voisin pour observer les allées et venues des clients, les neuf détectives se faisaient passer pour des clients à l’intérieur du bathhouse, et profitaient de leur couverture pour, entre autres, photographier des usagers dans des situations intimes. Il est aujourd’hui admis que tout cela a été initié à la suite d’une plainte déposée par Fred Griffiths, un homme gai qui n’avait jamais mis pied au Pisces Health Spa, mais qui se disait tout de même « dégoûté » par ce qui s’y passait. Ces attitudes à l’égard, entre autres, du sexe anonyme et des établissements centrés sur le sexe, étaient loin d’être rares dans la communauté 2SLGBTQIA+ de l’époque — et elles persistent encore aujourd’hui.

Le 30 mai 1981, la police d’Edmonton a pris d’assaut le Pisces Health Spa, défonçant les portes des chambres privées et annonçant aux personnes présentes qu’elles étaient arrêtées pour avoir été « trouvées » dans une maison de débauche. Les hommes n’avaient pas le droit de se rhabiller avant d’avoir été photographiés dans l’état où ils avaient été trouvés, puis à nouveau une fois habillés, tenant des pancartes indiquant leurs noms et d’autres informations. Le tout s’est déroulé sous les yeux de deux procureurs de la Couronne — une présence extrêmement rare lors de telles descentes. Cinquante-six personnes ont été entassées dans des fourgons et des véhicules de police jusqu’au palais de justice, où elles ont été privées de toute assistance juridique. En parallèle, les propriétaires du centre, le Dr Henri Toupin et Éric Stein, ainsi que John Kerr ont aussi été arrêtés.

Les médias se sont immédiatement emparés de l’affaire. Les noms des personnes arrêtées ont été diffusés au journal télévisé de 18 h de CFRN (aujourd’hui CTV), les exposant publiquement dans une époque profondément hostile. La liste des deux mille membres du centre, saisie lors de la descente, a aussi été évoquée de manière inquiétante dans les reportages. C’est la communauté 2SLGBTQIA+ elle-même, notamment l’organisation Gay Alliance Towards Equality qui a apporté soutien, conseils et informations aux personnes concernées. Toupin, Stein et Kerr ont tous plaidé coupable. Malheureusement, une fois le premier « présent » reconnu coupable, les autres verdicts de culpabilité ont suivi. Finalement, la plupart des hommes arrêtés ont plaidé coupables.

Cependant la communauté 2SLGBTQIA+ d’Edmonton n’a pas baissé les bras. Lassés de devoir se cacher en espérant que la justice et l’opinion publique détournent le regard, ses membres ont organisé des actions de protestation publiques, notamment devant à l’hôtel de ville ou encore la participation au Klondike Days Sourdough Raft Race avec le S.S. Pisces 2, dont la voile arborait un triangle rose. Cette indignation a mobilisé une communauté que plusieurs estimaient devenue complaisante face aux abus des forces de l’ordre et du public. Elle allait résonner dans les années à venir, notamment avec les premiers événements de la Fierté à Edmonton, en 1982, sous le thème « Fierté gay par l’unité ». Douze ans après les descentes, la maire Jan Reimer a officiellement proclamé une Journée de la Fierté gaie et lesbienne, et en 2021, pour le 40e anniversaire des descentes, le service de police d’Edmonton a publié une déclaration officielle d’excuses. Bien que scandaleuses, les descentes au Pisces Health Spa sont désormais considérées comme un moment clé dans la lutte pour les droits des personnes 2SLGBTQIA+ non seulement à Edmonton, mais dans tout le Canada.

Pour en savoir plus sur le Pisces Health Spa et les descentes de cette journée fatidique, nous vous recommandons un article du projet Edmonton City as Museum, publié peu avant le 40e anniversaire des événements. Un lien est disponible ici.

Les descentes du bathhouse Pisces ont été un tournant fondamental dans l’histoire de la lutte pour les droits des personnes 2SLGBTQIA+ au Canada, et il est profondément regrettable qu’elles soient si peu connues. Ce sont des récits comme celui-ci — et le besoin de les faire connaitre à tout le Canada qui représentent la mission la plus chère de la SHFC. En cette journée, souvenons-nous de ceux qui ont lutté et se sont sacrifiés pour les libertés et la joie que nous connaissons aujourd’hui, et rappelons-nous aussi que la lutte est loin d’être terminée.

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Selon le gouvernement du Canada, environ quatre pour cent de la population canadienne fait partie de la communauté 2SLGBTQIA+. Une partie de cette population s’identifie comme pansexuelle ou panromantique. Étant donné que les identités pansexuelles et panromantiques n’ont pas toujours bénéficié de la même visibilité ou compréhension que d’autres orientations au sein de la communauté, il est important de reconnaître et de célébrer les personnes pansexuelles et panromantiques. C’est pourquoi, chaque année, le 24 mai est consacré à la célébration de ces communautés dans le cadre de la Journée de la visibilité et de la sensibilisation pansexuelle et panromantique. 

Pour celles et ceux qui ne connaissent pas bien le concept de panromantisme, une orientation panromantique signifie qu’une personne peut ressentir une attirance romantique envers des personnes de tout genre. Plus précisément, cela peut vouloir dire qu’une personne est émotionnellement attirée par des individus qui s’identifient comme hommes, femmes, non binaires ou trans. Les personnes panromantiques peuvent ne pas ressentir d’attirance physique envers d’autres, et se concentrent plutôt sur les connexions émotionnelles, peu importe le genre. Le terme panromantique est souvent utilisé par des personnes faisant partie du spectre asexuel. 

L’orientation pansexuelle se définit comme une attirance sexuelle envers des personnes de tous genres, et elle ne doit pas être confondue avec la bisexualité. Les personnes pansexuelles peuvent être attirées sexuellement par des individus de toute identité de genre, qu’ils soient trans, non binaires, hommes ou femmes. Les personnes pansexuelles peuvent être attirées par tous les genres, tant sur le plan romantique que sexuel. Quelques célébrités pansexuelles connues incluent Cara Delevingne, Miley Cyrus, Demi Lovato et Brendon Urie. 

La Journée de la visibilité et de la sensibilisation pansexuelle et panromantique est essentielle pour accroître la compréhension envers les communautés pansexuelles et panromantiques, et pour veiller à ce qu’elles ne soient pas effacées, stigmatisées ou victimes de stéréotypes ou de préjugés nuisibles. Ainsi, nous vous invitons à souligner cette journée en informant vos proches, vos ami·e·s et votre communauté, et en agissant comme allié·e afin de promouvoir l’inclusion et l’acceptation des personnes pansexuelles et panromantiques. 

Sources 

https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/12-581-x/2022001/sec6-eng.htm 

https://dictionary.cambridge.org/dictionary/english/panromantic 

https://dictionary.cambridge.org/dictionary/english/pansexual 

https://www.buzzfeed.com/mjs538/pan-celebrities 

https://www.verywellmind.com/what-is-panromantic-7098113 

https://medium.com/kiki-app/pansexual-and-panromantic-visibility-day-dd1939183bfa 

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Le 22 mai, nous soulignons chaque année la naissance de Harvey Milk en prenant un moment pour lui rendre hommage. Harvey Milk a été un défenseur infatigable des droits des personnes 2SLGBTQIA+ à une époque où les émeutes de Stonewall étaient encore fraîches dans les mémoires. Les effets de son travail résonnent encore aujourd’hui dans la lutte continue pour l’égalité des droits. Cette année, Milk aurait eu 95 ans s’il n’avait pas été assassiné. Nous devons continuer d’honorer sa mémoire pour les générations à venir. 

Né en 1930 dans une famille juive à Woodmere, dans l’État de New York, Milk a mené, selon toutes les sources, une vie plutôt traditionnelle durant ses jeunes années. Il s’est enrôlé dans la marine américaine pendant la guerre de Corée, mais a été forcé d’accepter une libération « autre qu’honorable » en 1955 afin d’éviter une cour martiale en raison de son identité. Il a travaillé un temps dans le domaine des assurances et adoptait des positions plutôt conservatrices, tout en étant mal à l’aise avec son homosexualité. C’est en travaillant comme directeur adjoint dans la troupe de théâtre de Tom O’Horgan — et en côtoyant les « enfants-fleurs », qu’on appellerait aujourd’hui des hippies — qu’il a commencé à changer profondément sa vision du monde. 

Milk a déménagé à San Francisco au début des années 1970, où il a ouvert une boutique de photographie sur la rue Castro avec son partenaire et futur directeur de campagne, Scott Smith. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, San Francisco attirait une population 2SLGBTQIA+ croissante, plusieurs hommes gais ayant été expulsés de l’armée ayant choisi d’y rester plutôt que de retourner dans leur ville natale, souvent peu accueillante. Cette communauté émergente a à son tour attiré d’autres personnes, et en 1969, l’Institut Kinsey estimait que San Francisco avait la plus grande proportion de personnes 2SLGBTQIA+ parmi toutes les grandes villes américaines. 

La rue Castro est rapidement devenue le cœur de la communauté 2SLGBTQIA+ de San Francisco. On ne peut parler de Harvey Milk sans évoquer Castro. Ce quartier ouvrier d’origine ethniquement mixte est devenu abordable à mesure que des familles intolérantes fuyaient la diversité croissante du secteur, le rendant accessible aux personnes 2SLGBTQIA+ souhaitant s’y établir. Cela dit, San Francisco n’était pas nécessairement plus tolérante que d’autres villes. Les relations orales y étaient encore illégales et le maire de l’époque, Alito, ciblait agressivement les parcs publics fréquentés par des hommes gais. En 1971, 2 800 hommes ont été arrêtés pour « relations sexuelles en public », un contraste frappant avec les 63 arrestations à New York. 

Avec les années, Milk est devenu de plus en plus engagé politiquement. Ses amis racontent qu’ils devaient l’empêcher de donner des coups de pied dans la télévision en entendant les réponses répétées « Je ne m’en souviens pas » du procureur général John N. Mitchell lors des audiences du Watergate. Finalement, excédé par la situation, il a décidé de se présenter comme conseiller municipal. Plus tard, il dira de ce moment : « J’ai finalement atteint le point où je savais que je devais m’impliquer ou me taire. » 

Son accueil auprès des figures déjà établies dans la politique gaie a été plutôt tiède au départ, mais il a rapidement obtenu le soutien de certains propriétaires de bars gais, frustrés par l’approche qu’ils jugeaient trop timide des dirigeants existants face aux descentes policières. Milk a perdu ses premières élections, mais ses talents de politicien se sont vite révélés. Lors des élections municipales de 1973, il s’est classé 10e sur 32 candidats, malgré son manque d’expérience. On dit que s’il avait été possible d’élire les conseillers par district, il aurait gagné. Entre ses campagnes infructueuses — y compris une pour l’Assemblée législative de la Californie — Milk a travaillé à bâtir des coalitions locales. Il a été l’un des fondateurs de l’Association du village Castro pour soutenir les commerces 2SLGBTQIA+ et a lancé la foire de la rue Castro en 1974 afin d’attirer plus de clients dans le quartier — un événement qui existe encore aujourd’hui. 

À l’élection de 1977, Milk était devenu une figure bien connue, non seulement dans les communautés 2SLGBTQIA+ ou de Castro, mais dans tout San Francisco — même le San Francisco Chronicle l’a appuyé comme conseiller. Il a remporté l’élection avec 30 % des voix. Milk est entré à l’hôtel de ville porté par une vague de soutien. D’autres nouveaux élus y ont aussi prêté serment, notamment Carol Ruth Silver, mère monoparentale; Gordon Lau, sino-américain; et Ella Hill Hutch, femme afro-américaine. L’un des premiers gestes de Milk en poste a été de présenter un projet de loi interdisant la discrimination fondée sur l’orientation sexuelle, qu’il a qualifié de « loi sur les droits des gais la plus rigoureuse au pays ». Il était évident pour tous à quel point Milk était motivé et engagé. Il défendait des causes aussi variées que l’accessibilité aux services de garde, le transport en commun gratuit ou la propreté des rues. Depuis sa campagne à l’Assemblée législative, il recevait des menaces de mort, qu’il ignorait. « Si une balle devait entrer dans mon crâne, dit-il, qu’elle détruise chaque porte de placard. » 

Malheureusement, nous ne saurons jamais jusqu’où Milk aurait pu mener son combat. Le 27 novembre 1978, Harvey Milk et le maire de San Francisco, George Moscone, ont été assassinés par Dan White, ancien conseiller municipal. Ce dernier avait été le seul à voter contre la loi de Milk sur les droits 2SLGBTQIA+, malgré ses affirmations qu’il soutenait « les droits de tous, y compris des gais ». White avait démissionné en raison d’un désaccord sur son salaire, puis tenté de revenir sur sa décision. Moscone avait d’abord refusé, mais avait fini par organiser une rencontre, au cours de laquelle White l’a tué. Il a ensuite assassiné Milk, acte largement perçu comme une vengeance pour ce qu’il considérait comme une trahison. 

La communauté 2SLGBTQIA+ de San Francisco a été plongée dans le deuil. Le jour même, entre 25 000 et 40 000 personnes ont spontanément marché avec des bougies de la rue Castro jusqu’à l’hôtel de ville. Les drapeaux ont été mis en berne partout en Californie et le président Jimmy Carter a offert ses condoléances. Lorsque White a été reconnu non coupable par un jury ne comptant aucun membre des communautés 2SLGBTQIA+ ni de minorités visibles, des émeutes ont éclaté dans la ville pendant plusieurs heures. 

Il est impossible de résumer dans un seul article tout l’impact qu’a eu Harvey Milk, tant de son vivant qu’après sa mort. Une chose est certaine : son courage d’avoir vécu ouvertement son identité dans une époque si hostile a bel et bien permis, au final, d’abattre de nombreuses portes de placard. Son neveu, Stuart Milk — lui-même gai — a fondé la Harvey Milk Foundation, qui œuvre à promouvoir l’égalité à l’échelle mondiale, et qui a été le moteur de la création du Harvey Milk Day, inscrit dans la loi par le gouverneur de Californie Arnold Schwarzenegger en 2009. 

La vie de Harvey Milk est riche et complexe. Un seul texte ne saurait couvrir tout ce qu’il a accompli, les opposants qu’il a affrontés, et les multiples facteurs sociaux et politiques qui ont façonné son parcours. Si vous souhaitez en apprendre davantage, de nombreuses sources crédibles et bien documentées sont accessibles en ligne — et cela vaut vraiment le détour. Ce texte a choisi de mettre l’accent sur la vie de Milk, plutôt que sur sa mort tragique souvent sensationnalisée, car c’est bien sa vie qui nous inspire, et c’est cela que le Harvey Milk Day célèbre. Harvey Milk a été un pionnier des droits 2SLGBTQIA+ à une époque profondément hostile, et il a ouvert la voie à de nombreux militants et leaders. Il est une figure emblématique de la politique queer, et nous devons toujours veiller à honorer son héritage. 

« Je ne peux pas empêcher les gens d’être en colère, frustrés ou furieux. J’espère seulement qu’ils transformeront cette colère et cette frustration en quelque chose de positif, pour que deux, trois, quatre, cinq cents personnes se lèvent, que les médecins gais se dévoilent, les avocats gais, les juges, les banquiers, les architectes… J’espère que chaque professionnel gai dira “assez”, se manifestera, portera un signe, laissera le monde savoir. Peut-être que cela aidera. » 
Harvey Milk 

May123
Sensibilisation

Les médias sociaux font partie du quotidien pour la plupart d’entre nous. Pour de nombreuses personnes 2SLGBTQIA+, ils représentent bien plus qu’un simple moyen de rester en contact — ils peuvent offrir un lien vital avec la communauté, le sentiment d’appartenance et l’affirmation de soi. Surtout pour celles et ceux vivant dans des endroits où l’acceptation n’est pas garantie, ces plateformes permettent de se sentir vu·e et reconnu·e.

Cependant, les médias sociaux sont aussi des espaces complexes. En plus de leurs avantages, ils peuvent affecter la santé mentale de façons parfois subtiles. En ce Mois de la sensibilisation à la santé mentale, la Société historique canadienne de la Fierté encourage tout le monde à porter un regard plus attentif sur l’impact de la vie en ligne sur le bien-être émotionnel — et à réfléchir à des façons plus conscientes d’interagir avec ces espaces.

Trouver un lien

L’une des grandes forces des médias sociaux est leur capacité à rassembler les gens. Qu’il s’agisse de rejoindre un groupe partageant votre identité, de suivre des créateur·rice·s 2SLGBTQIA+ qui résonnent avec votre vécu, ou de découvrir des histoires de résilience et de joie, les espaces numériques peuvent offrir une visibilité essentielle.

Pour celles et ceux qui n’ont pas accès à un réseau de soutien à proximité, les médias sociaux peuvent être un rappel puissant que vous n’êtes pas seul·e.

Connaître les risques

En même temps, toutes les expériences en ligne ne sont pas positives. Les publications soigneusement sélectionnées peuvent entraîner des comparaisons malsaines en matière de réussite, d’apparence ou de sentiment de « ne pas en faire assez » pour la communauté. L’exposition constante à la désinformation, aux propos haineux ou au harcèlement peut également avoir des effets néfastes sur la santé mentale.

Il est important de reconnaître lorsque ces interactions commencent à miner votre estime de vous-même. Même les espaces bien intentionnés peuvent parfois laisser les gens se sentir invisibles ou isolés.

Protéger son bien-être

Il n’est pas nécessaire de se déconnecter complètement pour protéger sa santé mentale — mais quelques stratégies simples peuvent aider : • Curez votre fil d’actualité. Suivez des comptes qui vous font sentir soutenu·e, inspiré·e ou bien informé·e. • Établissez des limites. Faire des pauses régulières ou limiter le temps passé devant l’écran peut vous aider à vous ressourcer. • Écoutez-vous. Portez attention à la manière dont certains espaces ou conversations vous affectent, et ajustez vos habitudes au besoin. • Demandez du soutien. Que ce soit auprès d’un·e ami·e, d’un réseau de pair·e·s ou d’un·e professionnel·le, vous n’avez pas à affronter les défis seul·e.

Créer des espaces — en ligne comme hors ligne — où les personnes 2SLGBTQIA+ se sentent en sécurité, valorisées et encouragées à prendre soin de leur santé mentale est un effort continu et collectif.

Un doux rappel

Les médias sociaux peuvent être des outils de connexion, de créativité et de joie. Mais il est tout à fait acceptable de prendre du recul lorsque nécessaire. En ce Mois de la sensibilisation à la santé mentale, engageons-nous à rendre nos espaces numériques plus bienveillants, inclusifs et sains — pour nous-mêmes et pour les autres.

Si vous avez besoin de soutien, des services comme Talk Suicide Canada (1-833-456-4566) et Reach Out Crisis Line (519-433-2023) sont disponibles 24/7.

References:

https://www.ementalhealth.ca/index.php?m=record&ID=55840

https://findahelpline.com/organizations/reach-out-crisis-line

L
Sensibilisation

Le 26 avril 2025, célébrez la Journée de la visibilité lesbienne! Cette journée s’inscrit dans une semaine complète consacrée à la célébration des lesbiennes à travers le monde : la Semaine de la visibilité lesbienne. La Journée et la Semaine de la visibilité lesbienne ont toutes deux vu le jour à West Hollywood en 1990 et ont été célébrées pendant une brève période de deux ans. À l’origine, la Semaine de la visibilité lesbienne était un événement d’une semaine parrainé par la Ville de West Hollywood, en Californie. L’événement comprenait une cérémonie de remise de prix, des ateliers et des activités culturelles. L’objectif était de créer une plateforme pour les identités lesbiennes et les enjeux touchant les lesbiennes, tout en célébrant la communauté lesbienne. Le but fondamental de la Journée et de la Semaine de la visibilité lesbienne était de sensibiliser le public et d’accroître la visibilité de la communauté lesbienne. 

Bien que l’événement ait été de courte durée et n’ait duré que deux ans, la Journée de la visibilité lesbienne a été relancée au Royaume-Uni par le magazine DIVA en 2008. À mesure que la popularité de cette journée grandissait, des célébrations, des programmations et des événements ont été mis en place officiellement à travers le monde. Alors que la Journée de la visibilité lesbienne gagnait en reconnaissance, il est devenu évident qu’une seule journée ne suffisait plus à célébrer les lesbiennes. C’est ainsi qu’en 2020, la Semaine de la visibilité lesbienne a été officiellement relancée par Linda Riley, éditrice du magazine DIVA. 

En rétablissant la Journée et la Semaine de la visibilité lesbienne, Linda Riley a affirmé vouloir faire reconnaître les réalisations d’un groupe de femmes marginalisées et célébrer les contributions significatives des femmes au sein de la communauté. Elle voulait également que cette journée soit une occasion pour les lesbiennes de célébrer leur identité et de démontrer leur solidarité avec les personnes queer et non binaires sapphiques ainsi qu’avec toutes les femmes. 

Alors, le 26 avril, participez à la Journée de la visibilité lesbienne en assistant à des événements virtuels organisés partout dans le monde ou en vous joignant à un événement local. Célébrez aussi la Semaine de la visibilité lesbienne et réfléchissez à des façons de vous engager et de soutenir la communauté lesbienne. 

Sources 

https://www.advocate.com/lesbian/lesbian-visibility-week-why 

https://www.thepinknews.com/2025/04/02/everything-you-need-to-know-about-lesbian-visibility-week-2025/ 

https://oac.cdlib.org/findaid/ark:/13030/c81v5fpp/ 

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Sensibilisation

Le 6 avril est la Journée internationale de l’asexualité, un moment pour se rassembler afin de reconnaître la beauté et la richesse de la communauté asexuelle, mettre de l’avant les voix asexuelles, et sensibiliser aux nombreux défis auxquels les personnes asexuelles font face en vivant leur vérité. Les personnes asexuelles ont toujours été une facette indissociable de la communauté 2SLGBTQIA+, et nous devons profiter de cette journée pour réaffirmer cette réalité. 

La Journée internationale de l’asexualité est un événement relativement nouveau dans le calendrier 2SLGBTQIA+, la première ayant eu lieu en 2021. Elle a été conçue pour compléter d’autres événements consacrés aux personnes asexuelles, comme la Semaine de l’asexualité à la fin octobre. Contrairement à ces événements, la Journée internationale de l’asexualité met spécifiquement l’accent sur les expériences asexuelles en dehors du monde occidental et anglophone, où se concentre actuellement la majeure partie des discussions sur les enjeux asexuels. Fidèle à cette mission, la création de cette journée a été le fruit d’une collaboration entre des organisations du monde entier, ce qui en fait une célébration véritablement mondiale. Le 6 avril a été choisi car il ne chevauche aucune autre date importante à l’échelle internationale, bien qu’il coïncide parfois avec la Semaine de sensibilisation à l’autisme — ce qui pourrait être une heureuse coïncidence, considérant la présence d’une communauté vibrante de personnes autistes et asexuelles. Ce choix permet également d’ajouter une date axée sur l’asexualité dans la première moitié de l’année, une période jusque-là sans événement marquant en ce sens. 

Le terme « asexuel·le » peut se définir de manière générale comme une personne qui ressent peu ou pas d’attirance sexuelle. Il s’agit d’un spectre ou d’un terme parapluie qui englobe une vaste gamme d’expériences vécues. Bien que toutes les personnes asexuelles partagent ce fil conducteur, il existe une grande diversité dans la manière dont elles vivent l’attirance, quelle qu’en soit la nature. L’attirance sexuelle se définit simplement comme le désir ou l’élan d’avoir des relations sexuelles avec quelqu’un, mais l’intensité de cette attirance ne détermine pas nécessairement la participation à des activités sexuelles. Certaines personnes asexuelles sont « dégoûtées par le sexe » (sex-repulsed), c’est-à-dire qu’elles n’ont aucun intérêt pour les activités sexuelles, tandis que d’autres sont « sexuellement positives » (sex-positive) et peuvent y participer volontairement et même y trouver du plaisir. D’autres se situent quelque part entre ces deux extrêmes. Le fait qu’une personne asexuelle participe ou non à des activités sexuelles n’a aucune incidence sur son identité — les personnes asexuelles le sont peu importe leur comportement sexuel. 

Il est également important de souligner que l’asexualité et l’aromantisme ne sont pas nécessairement liés. Bien que les deux communautés partagent de nombreuses expériences et défis et soient souvent proches, elles demeurent distinctes. Il existe des personnes à la fois asexuelles et aromantiques (souvent appelées AroAce), qui sont une composante essentielle et précieuse de la communauté asexuelle, mais plusieurs personnes asexuelles ressentent bel et bien de l’attirance romantique et sont tout aussi importantes et valorisées. De plus, bon nombre d’AroAces considèrent leur asexualité comme distincte de leur aromantisme, alors que d’autres perçoivent les deux comme liés. Ces deux façons de vivre sont tout à fait valides et démontrent que le vécu de l’attirance romantique — ou son absence — n’a aucun impact sur la légitimité de l’identité asexuelle. 

Un élément fondamental de la Journée internationale de l’asexualité est de sensibiliser le public aux réalités et aux luttes que vivent les personnes asexuelles partout dans le monde. En plus de la discrimination institutionnalisée, comme les lois qui rendent un mariage invalide en l’absence de relations sexuelles, ou les pratiques de « thérapie corrective » imposées de force à des personnes asexuelles, il existe un déni — sinon un rejet pur et simple — de l’identité et des expériences asexuelles. L’asexualité a été qualifiée de maladie mentale, on a dit aux personnes asexuelles qu’elles étaient incapables de ressentir de l’amour, et certaines personnes prétendent que l’asexualité n’est pas une orientation sexuelle ou que les personnes asexuelles bénéficient de privilèges hétérosexuels et ne subissent aucune forme de discrimination. Ce genre de discours provient autant de la population générale que de la communauté 2SLGBTQIA+ élargie, et nous devons rester attentifs et le dénoncer systématiquement. Les personnes asexuelles font partie intégrante de la communauté 2SLGBTQIA+ et nous ne devons pas tolérer ce type de comportement au sein d’un espace qui se veut inclusif et sécuritaire. En lien avec le thème de la Journée internationale de l’asexualité, il existe un manque flagrant de ressources sur les expériences asexuelles en dehors de la sphère anglophone et du monde occidental. Il s’agit d’un enjeu à corriger, sans quoi l’activisme risque d’exclure celles et ceux qu’il est censé représenter. 

Une chose que nous pouvons faire pour appuyer la communauté asexuelle est de continuer à parler d’asexualité et à promouvoir une meilleure représentation des personnes asexuelles tout au long de l’année, ainsi que de dénoncer l’acephobie dès qu’elle se manifeste. En cette Journée internationale de l’asexualité, engageons-nous de nouveau à accomplir cette tâche et veillons à faire entendre les voix asexuelles, non seulement aujourd’hui, mais tous les jours. 

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