Le 26 juillet est largement célébré comme la journée de la visibilité du polyromantisme et de la polysexualité ! En reconnaissance de cette journée, examinons ce que ces termes signifient et pourquoi ils sont importants.
Les catégories de la sexualité
Pour mieux comprendre le polyromantisme et la polysexualité, il convient d’abord d’examiner les deux “catégories” de la sexualité. La première catégorie de sexualité est la monosexualité, qui se définit comme l’état d’une personne attirée sexuellement et/ou romantiquement par un seul sexe. Cette catégorie comprend les personnes homosexuelles et hétérosexuelles. La deuxième catégorie est communément appelée “multisexualité” ou “plurisexualité”, toutes deux définies comme l’état d’une personne attirée sexuellement et/ou romantiquement par plus d’un sexe.
Le polyromantisme et la polysexualité relèvent de la deuxième catégorie. Ces termes décrivent, respectivement, les personnes qui sont attirées romantiquement et sexuellement par des personnes de plusieurs genres, mais pas nécessairement de tous les genres. La polysexualité désigne un spectre de possibilités d’attirance. En d’autres termes, les personnes polysexuelles peuvent avoir une ou plusieurs préférences de genre dans leur attirance, voire aucune.
Différencier la polysexualité des autres identités multisexuelles
Il existe parfois une confusion entre la polysexualité et d’autres termes relevant de la multisexualité. Voici quelques exemples courants et leurs définitions respectives.
Polysexualité : Attirance pour plusieurs genres, mais pas tous. Les personnes polysexuelles peuvent avoir ou non une préférence de genre.
Omnisexualité : Attirance pour tous les genres, où le genre est un facteur dans les préférences des individus. En d’autres termes, l’attirance d’un individu peut être différente d’un sexe à l’autre.
Pansexualité : Attirance pour tous les genres, mais le genre n’entre pas en ligne de compte dans les préférences des individus. Les personnes pansexuelles sont parfois décrites comme “aveugles au genre”.
Qu'en est-il du polyamour ?
L’idée fausse la plus répandue au sujet de la polysexualité est sans doute qu’elle est similaire – ou même identique – au polyamour. Malgré leur préfixe commun, ces termes n’ont aucune relation inhérente l’un avec l’autre. Alors que le polyromantisme et la polysexualité décrivent des identités romantiques et sexuelles, le polyamour est un type de dynamique relationnelle caractérisé par une non-monogamie éthique. Comme les individus de toute identité romantique ou sexuelle, les personnes polysexuelles peuvent s’engager dans des relations monogames ou non monogames, en fonction de leurs préférences personnelles.
Pourquoi il est important de connaître la différence
Alors que nous comprenons de mieux en mieux les multiples facettes du romantisme et de la sexualité humaine, il est important de reconnaître l’importance des étiquettes pour l’identité de nombreux individus. Distinguer la polysexualité de l’omnisexualité, de la pansexualité et des autres identités multisexuelles nous permet d’apprécier les nuances qui existent entre elles. Cela permet également aux personnes qui s’identifient à ces identités de se sentir validées et considérées. Le contraire – le sentiment que l’identité d’une personne a été effacée ou réprimée – a été associé à diverses conséquences psychosociales négatives.
Les personnes multisexuelles (y compris celles qui s’identifient comme polysexuelles) sont particulièrement exposées au risque d’effets négatifs en raison de leur expérience unique de la bi-errance. Ces personnes doivent souvent faire face au fait que leur sexualité est rejetée ou ignorée dans la culture et l’histoire de l’humanité. Ceci est particulièrement significatif dans les études scientifiques importantes sur la sexualité, qui regroupent généralement les populations multisexuelles avec les populations monosexuelles diverses sexuelle et pluralité des genres (DSPG), gommant ainsi d’importantes différences psychosociales.
En plus de la bi-errance, les personnes multisexuelles sont souvent victimes d’un préjugé spécifique au multisexualisme appelé binegativité. Il s’agit d’attitudes et de croyances négatives à l’égard des personnes multisexuelles (par exemple, les personnes multisexuelles sont confuses ou “dans une phase”, ont des mœurs légères, sont plus susceptibles de tromper ou d’avoir une infection sexuellement transmissible, etc.)
En raison de la bi-errance et de la binegativité, les personnes multisexuelles présentent des taux d’anxiété, de dépression et de suicidalité plus élevés que les personnes DSPG monosexuelles. Elles sont également beaucoup moins susceptibles d’évaluer positivement leur propre santé mentale et physique. À titre de comparaison, l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2015-2016 a révélé que, lorsqu’on leur a demandé d’évaluer leur état de santé mentale, 72 % des personnes hétérosexuelles et 68 % des personnes homosexuelles ont donné une note “bonne” ou “excellente”, alors que seulement 44 % des personnes bisexuelles ont donné ces notes.
Pour en finir
La sexualité humaine est vaste et complexe, avec des nuances qui ont une grande valeur pour l’expérience de nombreux individus. Pour combler le fossé entre les résultats psychosociaux des personnes monosexuelles et multisexuelles, il est essentiel de donner de la visibilité à ces nuances et de montrer qu’elles ont de l’importance. Le 26 juillet, nous reconnaissons – et célébrons ! – tous ceux qui s’identifient au polyromantisme et à la polysexualité.




